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« Jeanne d’arc» voyage en alsace-lorraine sur les lieux de mémoire

Du 10 au 13 novembre, 41 élèves de Jeanne d’Arc ont arpenté l’Est de la France ; à l’initiative de leur professeur d’Histoire de 3ème, Mme Cabanes, et dans le cadre de l’option Littérature et Société de seconde avec Mme Fabre, ce voyage devait permettre de comprendre la naissance de l’Union européenne après le chaos des deux guerres mondiales.

Le 11 novembre, à peine descendus du bus, nous allions rendre hommage  au courage des « poilus »  à Verdun dans la Meuse. Le paysage parsemé de cimetières militaires annonce déjà l’horreur : 300 000 morts. Là, pendant plusieurs mois, des soldats français de toutes origines ont résisté à l’armée allemande en 1916, dans des conditions atroces, jusqu’à la victoire. Les élèves millavois ont parcouru les ruines du champ de bataille, le fort défoncé de Douaumont et l’Ossuaire qui recueille les restes de 130 000 soldats français et allemands. Enfin, le parcours historique dans la citadelle souterraine de Verdun a clos une journée qui vaut tous les cours d’Histoire.

Le lendemain, visite de Strasbourg, frontière sur le Rhin, au milieu des préparatifs de Noël. C’est une superbe cité alsacienne, au centre-ville médiéval préservé et dont la cathédrale en grès rose des Vosges sublime les maisons à colombage de sa façade gothique finement dentelée. L’après-midi, nous nous sommes rendus au Parlement européen afin d’y suivre une visite ludique mais civique. 70 % des lois appliquées en France y sont votées et 74 députés français, tel José Bové, y siègent environ 4 jours par mois. L’Union européenne a été voulue après la 2ème guerre mondiale pour notamment empêcher les haines revanchardes de replonger l’Europe dans le chaos. Et nos élèves sauront pourquoi ils voteront lors des élections européennes.

Le dernier jour en Alsace a été consacré à la visite du camp de concentration de Natzweiler-Struthof, le seul sur le territoire français. Les nazis l’ouvrent en 1941. Lieu de travail pour l’industrie nazie, en particulier la mine où était extrait du granit rose, le camp a servi aussi aux expérimentations médicales sur des prisonniers. Cet endroit est bouleversant : les miradors, les barbelés, la salle d’expériences médicales, la potence, le four crématoire et la chambre à gaz un peu plus loin nous glacent d’effroi ; les récits détaillés sur ce qui s’y est passé pendant 4 ans mêlent la stupéfaction à l’horreur. Environ 22 000 déportés politiques ou ethniques, résistants, y mourront. Ce fut l’un des camps les plus meurtriers du système nazi.

Sur le trajet du retour au soir du 13 novembre, l’actualité rattrapait ce que nous venions de voir : des attentats étaient en cours à Paris, la liste des jeunes victimes innocentes s’allongeait régulièrement. Contre le terrorisme international, notre jeunesse va devoir réitérer ce que ses aïeux ont fait : résister pour vaincre.

L. FURINI

établissement Jeanne d'arc Millau - Parlement européen - 12 novembre 2015 - 1